Avec la crise sanitaire, le télétravail s’est imposé dans les entreprises. Désormais, il semble qu’un retour au tout présentiel sera difficile. Mais faut-il pour autant généraliser le travail à distance? L’avenir s’esquisse dans un doux équilibre entre ces deux modes de fonctionnement.

Une rupture brutale avec le passé. C’est le sentiment vécu par bon nombre de PME romandes depuis le 16 mars, date de la mise sous cloche de l’économie helvétique par les autorités fédérales. Du jour au lendemain, grâce à la généralisation du télétravail, elles ont appris à fonctionner différemment. Les prémices d’une généralisation du travail à distance? Trop tôt pour y répondre. Néanmoins la question reste brûlante et en soulève d’autres. Car un mois après le début du déconfinement, beaucoup de bureaux restent à moitié vides. Que s’est-il passé?

Les rapports changent

Selon le sondage publié fin mai 2020 par l’institut gfs.bern sur mandat du syndicat de la communication Syndicom, 79% des personnes sondées souhaitent poursuivre le travail à distance de manière intégrale, ou au moins en partie. Près de 89% d’entre elles estiment que les entreprises doivent encourager ce mode de fonctionnement. Le sondage a été réalisé entre le 23 avril et le 10 mai auprès de 1126 personnes. Ce plébiscite soviétique souligne que le télétravail fait son nid dans les entreprises. A elles de s’adapter. Pourtant, ce mode de fonctionnement est d’ores et déjà une réalité dans bons nombres de PME suisses. Ce que la crise actuelle change en revanche, c’est le rapport entre le télétravail et le présentiel.

Au coeur du semi-confinement de ce printemps, le télétravail contraint et généralisé n’a pas été vécu de la même manière d’un collaborateur à l’autre. Il y a bien sûr celles et ceux qui ont trouvé leur mode de fonctionnement, gagnent en efficacité et renouent avec un équilibre vie privée et vie professionnelle. Puis il y a les autres qui ont besoin de leurs repères professionnels, d’une structure et de rapports sociaux que l’on ne retrouve plus via les visioconférences. On l’oublierait presque, mais l’homme est un animal social. Désormais, il semble certain qu’un retour au tout présentiel sera difficile. Mais faut-il pour autant le jeter définitivement à la poubelle?

Des impacts plus profonds

C’est le grand débat de ce déconfinement. Mais il s’agit surtout d’une formidable occasion de redéfinir collectivement le travail, sa place et son organisation. Pourquoi? Simplement parce que la covid-19 a joué le rôle d’un stress test à grande échelle pour toutes les entreprises. Les pros et les antis télétravail compris, dans les TPE comme les multinationales. En trois mois, elles ont pu expérimenter de nouveaux modes de collaborations, et juger de ce qui fonctionne ou ne marche pas. Le travail à distance n’est pas une solution toute faite. Il s’agit d’une possibilité qui questionne la bonne marche d’une entreprise, le bien-être d’un collaborateur, la notion de leadership, les processus décisionnels, les rapports sociaux dans l’entreprise, le travail en équipes, l’organisation.

En bref, le débat actuel autour du télétravail impacte l’ensemble de l’entreprise, ses structures et ses forces. L’avenir s’esquisse (s’annonce)donc dans un semi équilibre entre le travail à distance et le présentiel. Plusieurs voix se font entendre dans les médias pour définir un rapport 60%/40% entre le présentiel et le télétravail. D’autres vont plus loin en revendiquant des modes de fonctionnement «à la carte» à choix selon les préférences des collaborateurs. Où placer le curseur? La décision revient à chaque entreprise selon sa structure, sa culture et son secteur d’activité. Ce qui est certain, c’est qu’elles vont devoir faire preuve d’agilité pour s’adapter à cette nouvelle réalité.

Retrouvez l’article original sur le site de Softcom

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