A l’arrêt, plusieurs entreprises se sont rendues compte qu’elles pouvaient fonctionner plus ou moins normalement, et plus efficacement. Les prémices d’un changement en terme de process, de management, de recrutement et de gestion des coûts?

Une rupture brutale avec le passé. C’est le sentiment vécu par bon nombre de PME romandes depuis le 16 mars, date de la mise sous cloche de l’économie helvétique par les autorités fédérales. Du jour au lendemain, grâce à la généralisation du télétravail, elles ont gagné en agilité. Une agilité contrainte pour certaines et organisée dans l’urgence pour ne pas laisser trop de plumes dans cette crise qui promet de durer. Celles qui adoptaient déjà cette légèreté traversent la tempête avec sérénité.

Plusieurs semaines de confinement plus tard, les PME, actives dans les services administratifs, réfractaires prennent petit à petit conscience qu’elles fonctionnent plus ou moins normalement, et plus efficacement. Les prémices d’une généralisation du télétravail et d’une culture d’agilité? Quels impacts cette contrainte de travail à distance a-t-elle sur les processus internes d’antan, le management, le recrutement et la gestion des coûts? Les observateurs et les experts sont formels: la crise va impacter définitivement la manière de travailler.

Remise en question des processus

La surprise viendrait d’un retour aux modes de fonctionnement d’avant. Tout simplement parce que la situation sanitaire a forcé l’ensemble des acteurs d’une entreprise à penser différemment, révélant au passage la lourdeur ou l’inutilité de certains processus, du caractère parfois chronophage du présentiel et des séances. Une fois que le confinement sera levé, les processus d’avant seront remis en question par les collaborateurs, car ils devront évoluer, et de nouveaux indicateurs devront être définis. Le management va devoir s’adapter pour ne pas retomber dans les anciens schémas.

Le changement va donc venir d’en bas, c’est-à-dire de la part des collaborateurs qui ont pris leurs marques dans ce confinement. Celles et ceux qui réalisent un gain d’efficacité à la maison. Ils ont découvert qu’ils pouvaient travailler deux heures le matin, s’occuper des enfants ensuite et retravailler l’après-midi, voire le soir, selon l’organisation familiale. Il est certain qu’un retour en arrière après le confinement pourrait être difficile. Les entreprises se disent déjà qu’elles n’ont pas besoin de si grands bureaux, et autant de présentiel.

Un profond changement culturel

Cette évolution n’est pas nouvelle, mais elle généralise une méthodologie agile déjà présente dans de nombreuses PME suisses, dont Softcom. Ces dernières misent sur le travail dit intelligent: le work smart en jargon managérial. C’est-à-dire la mise en place de conditions de travail plus flexibles et intelligentes. Par exemple une réduction des bureaux au profit du télétravail, une réorganisation des équipes et une gestion collaborative des projets, la mise en place d’outils de travail à distance, des horaires libres, une plus grande responsabilité décisionnelle conférée au collaborateur… Bref, la situation vécue par une partie des actifs suisses depuis le confinement.

En pratique, la mise en place de telles initiatives imposent aux entreprises un profond changement culturel. Elles exigent un effort continu de flexibilité afin de s’adapter aux changements à venir dans le monde du travail, car il y en aura d’autres après le coronavirus. Le vieux management qui résistait au télétravail pour des raisons de contrôle a été mis en échec par le covid-19. Tous les managers vont devoir faire preuve d’intelligence pour digérer les changements en cours et insuffler davantage d’agilité dans leurs départements et leurs pratique. Avec le confinement, ils ont dû gérer les équipes à distance. Ils ont dû faire confiance, car dans l’impossibilité de tout contrôler.

La fin des vieux schémas managériaux

Le manager traditionnel va devoir faire confiance, déléguer et guider plutôt que gérer des collaborateurs. L’avenir se nicherait donc dans le management bienveillant. Pourtant, en Suisse comme à l’étranger, le mot d’ordre des chefs d’Etats est une reprise rapide de l’économie. Reprendre et produire pour retrouver le niveau d’avant. Dans cette urgence de sauver les meubles, n’y a-t-il pas le risque de renouer avec les vieux schémas? Trop tard. Le changement est en cours. C’est certain, la hiérarchie dans des entreprises même très pyramidales va s’assouplir. Avec la crise, tout le monde s’est responsabilisé. Cette tendance montante vers l’autogestion va perdurer.

Retrouvez l’article original sur le site de Softcom

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